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Magritte et le surréalisme
Le surréalisme est un mouvement basé sur une doctrine morale et esthétique dérivée du symbolisme, qu'il renouvelle à la lumière de la psychanalyse et qu'il prolonge sur le plan de l'intervention politique par référence au marxisme.
Les surréalistes souhaitaient lancer une véritable révolution poétique. Les surréalistes revendiquent une certaine notion libertaire. Ils refusent le rôle de victimes qu’on relie aux artistes dans cette époque. Le surréalisme est contre la division sociale, contre le cloisonnement du travail et les ordres précis.
Pourtant il favorise un désordre consentant. C'est le principe de l'oeuvre ouverte et du décloisonnement des genres. La création artistique ne se justifie pour les surréalistes, tels que Breton , que si la liberté totale de l'inspiration, venue de l'inconscient du sujet, permet d'accéder à une connaissance de ce qui reste inconnu dans l'homme. Il faut remettre en question le langage. L'artiste ne peut plus reproduire des schémas préconçus.
Magritte
Magritte est né d'un père tailleur et d'une mère modiste qui se suicidera par noyade quand il avait 14 ans, il a comme formation académique la fréquentation de l'Académie de Bruxelles en 1916 et 1917. Il y fut l'élève de Combaz, de Van Damme-Sylva et de Constant Montald. Magritte a commencé à peindre dans une sorte de futurisme tendant à l'abstraction. Il travaille comme graphiste aux usines de papiers peints Peeters-Lacroix, qu'il quitte pour vivre de travaux publicitaires. Durant toutes ces années, Magritte chercha sa voie artistique, avouant lui-même ses difficultés.
Vers 1922 il découvre l'art métaphysique de Giorgio de Chirico et cette révélation est décisive: Le chant d'amour lui montre "non pas une manière de peindre, mais ce qu'il faut peindre". En 1926, il peint Le jockey perdu, qu'il examinait lui-même comme le point de départ de son ouvrage surréaliste -selon certains auteurs, ce serait plutôt La fenêtre. Dès lors, l'artiste n'aura de cesse que de démontrer que l'on n'entrevoit de la réalité, si l'on consent à sortir de notre habituelle et routinière logique, que le mystère de cette réalité ; cet art, sans aucun doute, confine à la poésie. Il est significatif d'ailleurs que beaucoup de ses amis, dont Louis Scutenaire, étaient des poètes. Il fréquente les cercles surréalistes parisiens de 1927 à 1930, sans recourir à l'automatisme que prônait Breton. La renommée arriva même au niveau internationale. Mais Magritte a continué à vivre de manière très bourgeoise, malgré le confort que lui apportait la reconnaissance de son art.
Il faut considérer, dans toute sa période surréaliste, deux axes divergents : la période dite "Renoir", 1943-44, où la manière est impressionniste ; et la période "vache" où Magritte se moque de son art et de l'Art en général, mais sans dissociation ni rupture avec les formes de surréalité, vers 1948, année de sa première exposition à Paris.
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