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La Phénoménologie de la pin-up girl
Définition :
Terme d’origine américaine (fille que l’on épingle, dont on fixe la photographie au mur).Le phénomène de la pin-up s’est répandu aux États-Unis depuis les années quarante et a rapidement gagné le monde entier, dont la France bien sur.
Le développement de la pin-up girl date de la guerre de 1942 (la guerre américaine). Pourquoi ? A cette époque, journaux et magazines civils entreprirent la confection d'éditions spéciales, purgées de publicité, de format souvent réduit, destinées à divertir l'armée; distribuées par le Special Service, ces feuilles entrèrent, en quelque sorte, en concurrence avec les publications mêmes de l'armée. En plein accord avec elles sans aucun doute. Toujours est-il que l'hebdomadaire militaire «Yank» a publié, depuis ce temps, des photos de pin-up girls dont la collection complète est propre à développer, chez les jeunes gens, la haine de la pédérastie. C'était peut-être le but visé.
Un modèle classique et le plus souvent utilisé est celui qui dessine la pin-up girl avec la pointe des seins braquée vers le ciel, la taille réduite à sa plus étroite expression, et la croupe généreusement bombée, bien fendue ; ses cheveux retombent, en vagues brillantes, sur des épaules dénudées dont une étoffe transparente dessine la rondeur avec précision. L’individualité de chaque photo est produite par la variation et la combinaison de trois éléments rhétoriques: le corps, le costume et la posture. , les pin-up des années 1940-1950 ont les jambes particulièrement longues et la fin des années soixante a vu disparaître les seins généreux au profit des poitrines plates.

Le costume a un triple rôle: d’abord de souligner l’obéissance de la pin-up aux canons du corps (ainsi, tel short «met en valeur» les jambes longues); ensuite par son rôle de cache, de l’érotiser, de la rendre sexy (par exemple l’échancrure d’un corsage, la résille d’un bas); enfin, de la spécialiser, c’est-à-dire de renvoyer à des lieux communs de la fiction (les genres cinématographiques, le music-hall, la plage, etc.) qui ancrent le personnage dans une série de scénarios possibles ou, au contraire, si l’habit est donné comme cache de convention (maillot de bain, par exemple), de l’extraire de tout contexte pour la présenter comme pur corps visible. En outre, l’expression du visage représente, généralement par un sourire gentil, voire complaisant, le caractère non problématique de ce système d’érotisation. Ce que le visage de la pin-up nous dit, c’est avant tout qu’elle est une jeune fille simple, jamais une vamp, et que son existence est uniquement d’ordre photographique: l’expression confirme l’image comme seule mise en scène d’un corps et d’une posture. C’est pourquoi la pin-up est anonyme, son identité est indifférente, même si sa photo est accompagnée d’un commentaire: le nom de la starlette inscrit au bas de l’image, la description annexe de la vie quotidienne de la playmate of the month ont pour rôle d’«humaniser» ces représentations.
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Vintage |
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